Témoignages

BOSS MAISHA – 13 ANS

« Boss » Maisha, 13 ans, a rejoint les FALL (Forces Armées d’Autodéfense Locales Légitimes) en 2013 après que des soldats du FDLR (Front Démocratique de Libération du Rwanda) soient venus piller son village et kidnapper son père et sa mère. « Je n’avais aucun moyen de subsistance alors je volais. On m’a attrapé tandis que je pillais une maison et on m’a battu. Le lendemain, les FALL menaient une campagne de recrutement, alors je me suis présenté. Je n’ai pas envie de me battre. Je reste uniquement parce que je n’ai plus de parents. Si j’avais les moyens j’irais vivre chez ma tante et j’ouvrirais un petit commerce ».


« Boss » Maisha, 13 years old, joined the FALL (Legitimate Self-defense Local Armed forces) in 2013 after FDLR (Front Démocratique de Libération du Rwanda) soldiers came to attack his village and kidnapped both his mother and father.  » I had no means of subsistence so I was stealing. One day I was caught looting a house and beaten. The next day, the FALL made a recruitment drive, so I enlisted. I do not want to fight. I only stay because I do not have parents anymore. If I could afford it, I would go to live with my aunt and I would open a small business « .

MAPENZI MASUMBUKO – 15 ANS

Il y a 5 ans, les parents de Mapenzi Masumbuko, 15 ans aujourd’hui, ont été tués par des rebelles rwandais. Terrorisé et sans personne pour subvenir à ses besoins, il a rejoint les FALL (Forces Armées d’Autodéfense Locales Légitimes) à Lubarika, village des moyens plateaux d’Uvira, province du Sud Kivu en RDC. Chaque nuit il patrouille autour du village et la journée il s’occupe des corvées d’eau. Il a participé une fois à un combat contre des voleurs de bétails venus de Kahungwe. Armé d’une kalachnikov, il a poursuivi les voleurs pendant quatre heures en échangeant des coups de feux. Il dit qu’il n’a pas eu peur car il était armé. Il est heureux avec sa « nouvelle famille » mais souhaiterait pouvoir reprendre l’école.


5 years ago, the parents of Mapenzi Masumbuko, now 15 years old, were killed by Rwandan rebels. Terrorized and without relatives to help him earn a living, he joined the FALL (Legitimate Self-defense Local Armed forces) in Lubarika, a village in the hills of Uvira, in the South Kivu province of the Democratic Republic of the Congo. Every night he patrols around the village, and during the day he carries water. He once participated in a fight against cattle’s thieves coming from Kahungwe. Armed with a kalashnikov, he pursued the thieves during four hours and exchanged gunshots. He says that he was not afraid because he was carrying a weapon. He is happy with his  » new family  » but would like he could go back to school.

SHUKURU MATIAS – 15 ANS

Shukuru Matias, 15 ans, a rejoint en 2012 les Maï-Maï du commandant Kininga à Lupengo, village des hauts plateaux d’Uvira, province du Sud Kivu en RDC, après l’attaque de son village par des hommes armés qui ont tué sa mère et enlevé son père. « Jusqu’à ce jour je ne sais pas ou est mon père. Ça fait déjà un an et demi. J’ai perdu espoir de le retrouver ».


Shukuru Matias, 15 years old, joined the maï-maï militia of the major Kininga in Lupengo, a village in the high-hills of Uvira, in the South Kivu province of the Democratic Republic of the Congo, in 2012, after armed men came to attack his village, killed her mother and kidnapped her father. “Until today, I don’t know where is my father. It has been one year and a half. I lost hope to find him”.

BONANÉ MWABANGA – 15 ANS

Bonané Mwabanga, 15 ans, a rejoint en 2013 les Maï-Maï du commandant Kininga à Lupengo, village des hauts plateaux d’Uvira, province du Sud Kivu en RDC, après l’attaque de son village par une bande armée. « Je dormais quand des hommes armés sont venus chez nous et ont torturé et violé ma mère sous mes yeux. Ici, j’escorte le commandant ou qu’il aille. J’ai combattu une fois, mais je ne suis pas satisfait car je n’ai encore jamais tué d’ennemi ».


Bonané Mwabanga, 15 years old, joined the maï-maï militia of the major Kininga in Lupengo, a village in the high-hills of Uvira, in the South Kivu province of the Democratic Republic of the Congo, in 2013, after armed men came to attack his village and raped his mother.  » I was asleep when armed men came to our house, tortured and raped my mother under my eyes. Here, I escort the major wherever he goes. I fought once, but I am not satisfied because I have never killed an enemy yet ».

MBABARO MUGEZI – 17 ANS

Mbabaro Mugezi a rejoint en 2008, à l’âge de 13 ans, les FALL (Forces Armées d’Autodéfense Locales Légitimes) à Lubarika, village des moyens plateaux d’Uvira, province du Sud Kivu en RDC. Il a combattu à deux reprises contre les FDLR (Forces Démocratiques de Libération du Rwanda): en 2011 à Mulenge et en 2012 à Ndolera. « J’ai eu peur. J’ai vu des blessés et même des morts. Moi-même, j’ai blessé une personne et j’en ai tué deux. Je souhaiterais quitter le groupe mais je ne peux pas le faire sans accompagnement. Je n’ai rien d’autre à faire ».


Mbabaro Mugezi joined the FALL (Legitimate Self-defense Local Armed forces) in Lubarika, a village in the hills of Uvira, in the South Kivu province of the Democratic Republic of the Congo, in 2008 when he was 13 years old. He had the opportunity to fight on 2 occasions against the FDLR (Forces Démocratique de Libération du Rwanda), in 2011 in Mulenge and in 2012 in Ndolera.  » I was afraid. I saw wounded people and even deaths. Myself I wounded a person and killed two. I would like to leave the group but I caanot do it without support. I have nothing else to do « .

DIFUME ZAIROIS – 13 ANS

Difume Zairois, 13 ans, a rejoint en 2013 les Maï-Maï du commandant Kininga à Lupengo, village des hauts plateaux d’Uvira, province du Sud Kivu en RDC, après que des hommes armés aient attaqué son village et  tué son père et sa mère. « J’ai rejoint les Maï-Maï pour retrouver ceux qui ont tué mes parents et me venger ».


Difume Zairois, 13 years old, joined the maï-maï militia of the major Kininga in Lupengo, a village in the high-hills of Uvira, in the South Kivu province of the Democratic Republic of the Congo, in 2013, after armed men came to attack his village and killed his father and his mother.  » I joined the maï-maï to find those who killed my parents and to avenge me  »

MESSALINE BERTIN – 16 ANS

Messaline Bertin, 16 ans, a rejoint en 2012 les FALL (Forces Armées d’Autodéfense Locales Légitimes) car, depuis qu’elle est toute petite, des groupes armés viennent à Lubarika, village des moyens plateaux d’Uvira, province du Sud Kivu en RDC, pour piller et violer. Dans les FALL, elle s’occupe principalement du secrétariat. Lorsqu’elle patrouille, la nuit, pour protéger la population, elle porte une arme. Mais elle n’a jamais eu l’occasion de se battre. Elle a abandonné l’école à 12 ans et a toujours travaillé comme soldat. Elle a deux sœurs et trois frères : aucun ne travaille.


Messaline Bertin, 16 years old, joined the FALL (Legitimate Self-defense Local Armed forces) in 2012 because since she is a child armed groups come to Lubarika, a village in the hills of Uvira, in the South Kivu province of the Democratic Republic of the Congo to loot and rape. In the FALL, she mainly takes care of the secretariat. When she patrols at night to protect the population, she carries a weapon. But she has never had the opportunity to fight. She dropped school when she was 12 and since then, she has always worked as a soldier. She has two sisters and three brothers: none of them works.

NOELA KIHUZI – 12 ANS

Noela Kihuzi a rejoint la milice Maï-Maï du major Kininga à l’âge de 9 ans. Elle y est restée 2 ans. Après la mort de ses deux parents, elle n’avais pas d’autres moyens de subsistance. Elle servait de messager et cuisinait pour les soldats. Aujourd’hui, grâce au programme de réinsertion scolaire de l’AJDC, elle étudie dans une école de Lubarika et rêve de devenir couturière.


Noela Kihuzi joined the maï-maï militia of the major Kininga at the age of 9. She stayed there 2 years. After these two parents died, she had no other means to live. She served as messenger and cooked for the soldiers. Today, thanks to the program of school reintegration of the AJDC, she studies in a school of Lubarika and dreams to become a dress-maker.

ZAWADI KWIBE – 14 ANS

Zawadi Kwibe a rejoint la milice Maï-Maï du major Kininga à l’âge de 12 ans, car elle n’avait pas d’autres moyens de subsistance. À Munaniera, elle a tué deux femmes armées. « J’ai rampé jusqu’à elles et je leur ai tiré dessus. Je ne veux pas me rappeler de ça, car ça me fait pleurer ». Aujourd’hui, grâce au programme de réinsertion scolaire de l’AJDC, elle étudie dans une école de Lubarika et rêve de devenir couturière.


Zawadi Kwibe joined the maï-maï militia of the major Kininga at the age of 12 because she had no other means to live. In Munaniera, she killed two armed women.  » I crawled until I reached them and then I shot them. I do not want to remember this because it makes me cry « . Today, thanks to the program of school reintegration of the AJDC, she studies in a school of Lubarika and dreams to become a dress-maker.

CHANCE MBASHA – 14 ANS

Chance Mbasha a rejoint la milice Maï-Maï du major Kininga à l’âge de 10 ans après que des combattants FDLR (Forces Démocratiques de Libération du Rwanda) aient violé sa mère et tué son père sous ses yeux. « Je voulais me venger ». Aujourd’hui, grâce au programme de réinsertion scolaire de l’AJDC, il étudie dans une école de Lubarika et rêve de poursuivre ses études afin de devenir Président de la République.


Chance Mbasha joined the maï-maï militia of the major Kininga at the age of 10 after he witnessed FDLR (Forces Démocratiques de Libération du Rwanda) rape his mother and kill his father. “I wanted to take revenge”. Today, thanks to the program of school reintegration of the AJDC, he studies in a school of Lubarika and dreams to continue his studies in order to become President of the Congo.

HURUMA BENGEHYA – 15 ANS

Huruma Bengehya, 15 ans, travaille depuis un an dans le champ mixte de café et de maïs de l’AJDC. Avant, il était soldat. Depuis l’âge de 12 ans, il travaillait comme porteur et patrouilleur pour le commandant Maï-Maï Bakunde. Pour survivre, il rackettait la population. « J’avais une vie très difficile. Désormais, je mène une vie modeste, je ne gagne que 30$ par mois mais je n’ai plus à menacer quiconque. J’ai moins de problème ».


Huruma Bengehya, 15 years old, has been working for 1 year in a mixed field of coffee and corn belonging to the AJDC. Before, he was a soldier. Since the age of 12, he worked as a carrier and scout for the maï-maï commander Bakunde. In order to survive, he extorted money from the population.  » I had a very difficult life. From now on, I live a modest life, I only earn $30 a month but I do not have to threaten people any more. I have less problem « .

SADIKI KITAMBO – 15 ANS

Sadiki Kitambo, 15 ans, travaille depuis juillet 2013 dans le champ mixte de café et de maïs de l’AJDC. Avant, il était soldat. Recruté dès l’âge de 6 ans,avant de devenir patrouilleur il avait, au début, été chargé d’accomplir des tâches ménagères. En 2011, il s’est battu contre des combattants FDLR à Lubarika. Sur le champ de bataille, on se servait de lui pour porter les munitions. « C’était la première fois que je voyais des blessés. J’étais terrorisé. Je ne veux plus retourner dans les groupes armés ou l’on vit d’exactions et ou l’on côtoie la mort ».


Sadiki Kitambo, 15 years old, has been working since July 2013 in a mixed field of coffee and corn belonging to the AJDC. Before, he was a soldier. He was recruted at the age of 6, working at the beginning on the domestic tasks, then as a scout. In 2011, he fought against FDLR fighters in Lubarika. On the battlefield, he was carrying ammunitions.  » It was the first time when I saw wounded people. I was terrorized. I do not want to join the armed group anymore, where on lives off exactions and where one lives under the constant threat of death ».

FURAHA SELENKO – 16 ANS

Furaha Selenko, 16 ans, travaille depuis un an dans le champ mixte de café et de maïs de l’AJDC. À l’âge de 11 ans, elle a été enrôlée de force dans une milice Maï-Maï où elle travaillait comme cuisinière. Régulièrement violée pendant quatre ans, elle pouvait passer une semaine chez le commandant, puis être offerte aux soldats et ainsi de suite. De ces viols répétés sont nés 3 enfants. Grâce à l’aide de l’AJDC elle peut s’occuper seule de ses enfants dont elle ignore l’identité des pères.


Furaha Selenko, 16 years old, has been working for 1 year in a mixed field of coffee and corn belonging to the AJDC. At the age of 11, she was forcibly recruited in a maï-maï militia where she worked as cook. Regularly raped, she could pass one week with the commander and then be offered to the soldiers, and so on during 4 years. Of these repeated rapes were born 3 children. Thanks to the help of the AJDC she can take care alone of her children. She does not know the identity of their fathers.

LIDIA MASENGI – 17 ANS

Lidia Masengi, 17 ans, travaille depuis un an dans le champ mixte de café et de maïs appartenant à l’AJDC. Après la mort de ses parents, elle a rejoint une milice Maï-Maï où elle était forcée d’accomplir sans aucune rémunération toutes les taches domestiques et les corvées. Grâce à l’AJDC, elle a retrouvé la liberté.


Lidia Masengi, 17 years old, has been working for 1 year in a mixed field of coffee and corn belonging to the AJDC. After the death of her parents, she joined a maï-maï militia where she was put to do all the domestic duties. She was not paid and was not free. Thanks to the AJDC, she is now free.

REMY BONANE – 20 ANS

Remy Bonane a rejoint la milice Maï-Maï du commandant Abdu à l’âge de 13 ans. Il y est resté trois ans. Il s’est souvent battu contre le RCD, un groupe rebelle sévissant dans la province du Sud-Kivu en RDC, et contre les FARDC (Forces Armées de la République démocratique du Congo – l’armée régulière). Il a tué plusieurs personnes dont des enfants. « Je faisais ce travail car je n’avais pas d’autres moyens de gagner ma vie ». Afin de le réinsérer dans la vie civile, l’association AJDC de Lubarika lui a offert quelques chèvre. Désormais, grâce à son élevage, Remy Bonane peut gagner sa vie. Il s’est marié et est père d’un petit garçon de 1 an.


Remy Bonane joined the commander Abdu maï-maï militia when he was 13. He stayed there 3 years. He often fought against the RCD, a rebels group raging in the South-Kivu province in Democratic Republic of the Congo, and against the FARDC (Armed Forces of the Democratic Republic of the Congo – the regular army). He killed several people, including children.  » I made this work because I had no other means to make my living « . To reinsert him in the civil life, the association AJDC of Lubarika, a village in the hills of Uvira, in the South Kivu province of the Democratic Republic of the Congo, offered him some goats. From now on, thanks to his livestock, Remy Bonane can earn a living. He got married and is the father of a 1-year-old little boy.

HURUMA BERSHI – 18 ANS

Huruma Bershi, 18 ans, a rejoint en 2011 les FALL (Forces Armées d’Autodéfense Locales Légitimes) à Kahungwe, village des Haut-Plateaux d’Uvira, province du Sud Kivu en RDC, car elle n’avait pas d’autres moyens de subsistance. Pendant trois ans, elle a été forcée à devenir la « femme » du commandant. « Parfois, il me donnait à ses soldats ». Grâce au programme de réinsertion professionnelle de l’AJDC, elle travaille désormais dans un atelier de couture appartenant à l’association. « J’apprends le métier et j’aime ce que je fais ».


Huruma Bershi, 18 years old, joined the FALL (Legitimate Self-defense Local Armed forces) in 2011 in Kahungwe, a village in the high-hills of Uvira, in the South Kivu province of the Democratic Republic of the Congo, because she had no other means to live. During 3 years she was forced to become the “wife” of the commander. “Sometimes, he was giving me to his soldiers as well”. Thanks to the program of occupational reintegration of the association AJDC, she works as a dressmaker in a workshop belonging to the association.  » I learn the job and I like what I’m doing « .

OMBENI BISHIKWABO – 17 ANS

Ombeni Bishikwabo, 17 ans, a rejoint les Maï-Maï du commandant Galagala à Lupengo, village daes hauts plateaux d’Uvira, province du Sud Kivu en RDC. « Quand j’ai vu les blessés et les morts, j’ai pris peur et j’ai voulu quitter les Maï-Maï. Grâce à l’AJDC, j’exerce maintenant un métier que j’aime et j’ambitionne d’ouvrir mon propre atelier de couture ».


Ombeni Bishikwabo, 17 years, joined the maï-maï militia of the commander Galagala in Lupengo, a village in the high-hills of Uvira, in the South Kivu province of the Democratic Republic of the Congo, in 2011.  » When I saw the wounded persons and the deaths, I got scared and I wanted to leave maï-maï. Thanks to the AJDC, I now exercise a job that I like and I aspire to open my own workshop « .

AKSANTI KALIMBA – 17 ANS

Aksanti Kalimba, 17 ans, a rejoint en 2011 les Maï-Maï du commandant Kininga à Lupengo, village des hauts plateaux d’Uvira, province du Sud Kivu en RDC . Son village avait été attaqué par des pillards armés et il ne se sentait plus en sécurité. « Mes parents n’étaient pas d’accord mais je leur ai désobéi ». À cette époque cela lui semblait être une bonne décision pour assurer la sécurité du village. Mais depuis qu’Aksanti a quitté la milice, il mesure l’écart qui se creuse entre lui, qui a désormais une situation professionnelle, et les enfants qui sont encore enrôlés. « Contrairement à eux j’ai un travail qui me permet de subvenir à mes besoins. Je connais beaucoup d’enfants soldats dans la région qui n’ont pas eu la chance comme moi d’être démobilisés par l’AJDC et de bénéficier d’un kit de réinsertion », dans son cas tout le matériel nécessaire pour ouvrir un salon de coiffure. Dans l’avenir, Aksanti aimerait poursuivre des études de Droit et devenir Premier Ministre.


Aksanti Kalimba, 17 years, joined the maï-maï militia of the major Kininga in Lupengo, a village in the high-hills of Uvira, in the South Kivu province of the Democratic Republic of the Congo, in 2011, because his village had been attacked by armed thieves and because he did not feel safe any more.  » My parents did not agree but I disobeyed them « . At that time it seemed to him to be a good decision to insure the safety of the village. But since Aksanti left the militia, he measures the gap between him, who has now on a professional situation, and the children who are still enlisted.  » Unlike them I earn a living. I know many child-soldiers in the region who were not lucky enough to be demobilized like I did by the AJDC and to benefit from a reintegration kit (in his case all the necessary equipment to open a hairdressing salon) ». In the future, Aksanti would like to pursue Law studies and become Prime Minister.

NICODEM GORIL – 16 ANS

Nicodem Goril (D), 16 ans, a rejoint en 2010 les Maï-Maï du commandant Kininga à Lupengo, village des hauts plateaux d’Uvira, province du Sud Kivu en RDC. « Je quittais le marché avec un ami et ma sœur de 13 ans quand, en cours de route, nous avons rencontré cinq soldats du FDLR (Front Démocratique de Libération du Rwanda), tous bien armés et en tenues militaires. Ils ont commencé par nous fouetter, moi et mon ami, puis ils ont violé ma sœur à tour de rôle. Suite au viol, ma sœur est tombée malade et est morte deux mois plus tard. Après sa mort, j’ai rejoint les Maï-Maï car j’étais en colère. Quand, cinq mois plus tard, nous avons repéré un camp du FDLR, j’étais impatient d’en découdre. J’ai été le premier à ouvrir le feu. J’ai réussi à tuer un soldat ennemi. J’étais très heureux. Mais maintenant, après avoir bénéficié de la sensibilisation de l’AJDC, je regrette d’avoir tué un homme alors que je n’étais encore qu’un enfant.


Nicodem Goril ( R ), 16 years old, joined the maï-maï militia of the major Kininga in Lupengo, a village in the high-hills of Uvira, in the South Kivu province of the Democratic Republic of the Congo, in 2010.  » I was leaving the market with a friend and my 13-year-old sister when, along the way, we met five soldiers of the FDLR (Forces Démocratiques de Libération du Rwanda), all carrying weapons and wearing military uniforms. They started by whipping us, me and my friend, then they raped my sister alternately. After the rape, my sister fell sick and died two month later. After her death, I decided to join the maï-maï because I was angry. When five months later we spotted a FDLR camp, I was impatient to fight them. I was the first to open fire. I managed to kill one enemy. I was very happy. But now, since the AJDC sensitized me, I regret having killed a man while I was only a child.

NYOTA SHENDWA – 14 ANS

Nyota Shendwa (D), 14 ans, a rejoint en 2012 les Maï-Maï du commandant Abdu à Lubarika, village des hauts plateaux d’Uvira, province du Sud Kivu en RDC. « Je revenais des champs avec mon grand frère quand nous avons rencontré six miliciens du RCD (Rassemblement Congolais pour la Démocratie). J’ai réussi à fuir mais ils ont battu mon frère à mort. Je n’ai pas supporté sa mort. Je voulais me venger et j’ai rejoint les Maï-Maï. Les conditions de vie étaient mauvaise. Nous manquions de nourriture et de vêtements. Je n’allais plus à l’école. J’y suis restée un an. Maintenant, grâce à l’AJDC, j’ai un travail que j’aime et qui me permet de subvenir à mes besoins. En sortant de la brousse, jamais je n’aurais pensé trouver ça ! Mais dans l’avenir, je voudrais rejoindre l’armée congolaise afin d’assurer la sécurité du pays ».


Nyota Shendwa ( R ), 14 years old, joined the maï-maï militia of the major Abdu in Lubarika, a village in the hills of Uvira, in the South Kivu province of the Democratic Republic of the Congo, in 2012. “ I was returning from fields with my older brother when we met six militiamen of the RCD (Congolese Rally for Democracy). I managed to run away but they beat my brother to death. I could not bear his death. I was crying for revenge and I joined the maï-maï. The living conditions were bad. We were lacking food and clothes. I dropped school. I stayed there one year. Now, thanks to the AJDC , I have a work that I like and that enables me to look after myself. By going out of the bush, never I would have thought to find that! But in the future, I would like to join the Congolese army to assure the security of the country ».

REHEMA KIRABA – 16 ANS

Rehema Kiraba, 16 ans, a rejoint en 2010 les Maï-Maï du commandant Kininga à Lupengo, village des hauts plateaux d’Uvira, province du Sud Kivu en RDC. « Je n’avais ni travail ni occupation. Mes parents étaient trop pauvres alors je ne faisais que déambuler dans le village tandis que les autres enfants allaient à l’école ou travaillaient. Je suis resté deux ans avec les Maï-Maï. Je cuisinais pour les soldats. On m’envoyait aussi chercher du chanvre. Lors des combats, il m’arrivait de prendre une arme et d’aider mes camarades. Je n’avais pas peur. J’étais joyeux, heureux de combattre nos ennemis. En dehors des combats, grâce à mon arme je pouvais extorquer de l’argent à n’importe qui et même envoyer des adultes faire une corvée d’eau. Maintenant, avec l’aide de l’AJDC, j’ai un travail qui me permet d’assurer mon avenir. Comme soldat, ma solde ne me servait qu’à manger, boire de la bière et fumer du chanvre ».


Rehema Kiraba, 16 years old, joined the maï-maï militia of the major Kininga in Lupengo, a village in the high-hills of Uvira, in the South Kivu province of the Democratic Republic of the Congo, in 2010.  » I had no job and no occupation. My parents were too poor then I was only meandering around the village with no purpose whereas the other children were going to school or were working. I stayed two years with the maï-maï. I cooked for the soldiers. I was also sent to look for some hemp. During the fights, I was sometimes using a weapon to help my companions. I was not afraid. I was joyful, happy to fight our enemies. Then, thanks to my weapon, I could extort money to anyone and even send adults for a chore of water. Now, with the assistance of the AJDC, I have a job with which I ensure my futur. As soldier, I used my pay only to eat, to drink some beer and to smoke some hemp « .

DELPHIN MIRUHO – 17 ANS

Delphin Miruho, 17 ans, a rejoint en 2013 les Maï-Maï du commandant Kininga à Lupengo, village des hauts plateaux d’Uvira, province du Sud Kivu en RDC, car d’autres groupes armés venaient régulièrement piller son village. « Je voulais sécuriser notre communauté. J’y suis resté un an. Je prenais soin des soldats grâce à mes fétiches. C’est le vieillard Muzimu qui m’a appris à utiliser les fétiches. J’étais très respecté chez les Maï-Maï. Même le commandant me devait le respect. Depuis que j’ai quitté les Maï-Maï j’ai rejoint une église et j’ai cessé les fétiches. Un chrétien ne peut embrasser le péché. Je ne veux plus entendre parler ni de fétiches ni de groupes armés ».


Delphin Miruho, 17 years old, joined the maï-maï militia of the major Kininga in Lupengo, a village in the high-hills of Uvira, in the South Kivu province of the Democratic Republic of the Congo, in 2010, because other armed groups regularly came to loot his village  » I wanted to secure our community. I stayed with the maï-maï one year. I was taking care of the soldiers thanks to my fetiches. The old man Muzimu teached me how to use fetiches. I was very respected. Even the major owed me the respect. Since I left the maï-maï I joined a church and I stopped using fetiches. A Christian cannot embrace the sin. I do not want to hear any more either about fetiches or about armed groups « .

BITAMENYWA KIROMO – 17 ANS

Bitamenywa Kiromo, 17 ans, a rejoint en 2011 les Maï-Maï du commandant Kininga à Lupengo, village des hauts plateaux d’Uvira, province du Sud Kivu en RDC. « Je rentrais des champs accompagné de ma sœur de 12 ans quand nous avons rencontré deux soldats du FDLR (Front Démocratique de Libération du Rwanda). Ils m’ont écarté, ligoté, puis fouetté avec des branches d’arbres. Une fois les soldats partis, ma sœur m’a avoué qu’ils l’avaient violée à tour de rôle. Pour que de telles choses ne se reproduisent plus dans le village, j’ai rejoint les Maï-Maï. J’y suis resté deux ans. J’ai eu l’occasion de lutter à trois reprises contre les FDLR. Je n’étais qu’un enfant et j’avais peur. L’AJDC a facilité ma sortie de la milice. Je n’avais aucun espoir de redevenir civil un jour. L’AJDC m’a offert une machine à coudre grâce à laquelle j’ai pu économiser 10$ par mois et investir dans une boutique. J’économise désormais suffisamment pour payer mes frais de scolarité. Je suis retourné à l’école en troisième année d’Humanités Pédagogiques à Lubarika. Pour bien travailler dans un atelier de couture, on a besoin de connaissances pour dessiner les modèles, écrire, calculer les mesures et les prix. Et puis je voulais retourner parmi les enfants de mon âge. J’ai maintenant l’ambition de développer mon commerce et de devenir un grand patron ».


Bitamenywa Kiromo, 17 years old, joined the maï-maï militia of the major Kininga in Lupengo, a village in the high-hills of Uvira, in the South Kivu province of the Democratic Republic of the Congo, in 2011.  » I was returning from the fields accompanied with my 12-year-old sister when we met two soldiers of the FDLR (Front Démocratique de Libération du Rwanda). They pushed me aside, tied me up, then whipped me with branches of trees. Once the soldiers left, my sister confessed that they had raped her. So that such things do not reproduce any more in the village, I joined the maï-maï. I stayed there two years. I had the opportunity to fight three times against the FDLR. I was only a child and I was scared. THE AJDC helped me leave the militia. I had no hope to become civil again one day . THE AJDC offered me a sewing machine thanks to which I was able to save $10 a month and invest in a shop. I currently save up enough to pay my tuition fees. I returned to school in 3rd year in Lubarika. In order to properly work in a sewing room, one needs knowledge to draw the models, write, and calculate the measures and the prices. And then I wanted to return among the children of my age. I have now the ambition to develop my business and to become a big boss « .

FARAJA KININGA JUNIOR – 17 ANS

Faraja Kininga Junior, 17 ans, a rejoint en 2009 les Maï-Maï du commandant Kininga à Lupengo, village des hauts plateaux d’Uvira, province du Sud Kivu en RDC. « Des voleurs à mains armées sont venus piller notre village. Ils nous ont volé 500$ et m’ont forcé à avoir un rapport sexuel avec ma sœur de 15 ans. Nous étions tous les deux vierges. J’étais très perturbé. Tout le village a été mis au courant. Tout le monde riait de moi ou m’insultait. J’avais très honte. Alors, pour éviter les humiliations, j’ai rejoint les Maï-Maï. J’y suis resté 2 ans. Je n’ai pas aimé être soldat. Je souffrais beaucoup, mais je ne pouvais pas revenir car j’avais peur que les moqueries reprennent. Je n’osais plus retourner dans ma famille, mais grâce au travail de sensibilisation de l’AJDC, j’ai pu rentrer chez moi. L’AJDC a plaidé directement auprès de ma famille pour qu’elle m’accepte. L’AJDC m’a également accordé un petit capital qui m’a permis de débuter un commerce. Grâce aux bénéfices, je suis retourné à l’école. J’aimerais poursuivre mes études et devenir médecin. Désormais, je suis mal à l’aise quand je vois des enfants enrôlés dans les forces armés, car je connais leur souffrance ».


Faraja Kininga Junior, 17 years old, joined the maï-maï militia of the major Kininga in Lupengo, a village in the high-hills of Uvira, in the South Kivu province of the Democratic Republic of the Congo, in 2009.  » Armed thieves came to loot our village. They stole $500 from us and forced me to have a sexual intercourse with my 15-year-old sister. We were both virgins. I was very perturbed. All the village was informed. Everybody laughed at me or insulted me. I was very ashamed. Then, to avoid the humiliations, I joined the maï-maï. I stayed there 2 years. I did not like being a soldier. I suffered a lot, but I could not return because I was afraid that the mockeries resume. I did not dare to return to my family, but thanks to the AJDC sensitization work, I was able to go back home. THE AJDC pleaded directly with my family so that they accept me. The AJDC also granted me a small capital which allowed me to start a business. Thanks to the profit, I have returned to school. I would like to continue studying and to become a doctor. From now on, I feel ill at ease when I see children enlisted in the armed forces, because I know how much they suffer”.

BYOHAN MUKANIRWA – 15 ANS

Yohan Mukanirwa, 15 ans, a rejoint les Maï-Maï du commandant Kininga à Lupengo, village des haut plateaux d’Uvira, province du Sud Kivu en RDC. « Notre village n’était pas sécurisé par les forces armées régulières alors j’ai jugé bon de le défendre. Je suis resté deux ans avec les Maï-Maï. Même si je n’ai blessé ou tué personne, je me suis battu une fois et j’étais fier de défendre mon village. C’est grâce à notre intervention que les soldats du FDLR (Front Démocratique de Libération du Rwanda) ont pris fuite. Quand l’AJDC est venu nous dire que le recrutement d’enfants était illégal, j’ai préféré partir. Je ne regrette pas d’avoir quitté les Maï-Maï car je n’y ai rien gagné. Je suis très heureux comme coiffeur ».


Yohan Mukanirwa, 15 years old, joined the maï-maï militia of the major Kininga in Lupengo, a village in the high-hills of Uvira, in the South Kivu province of the Democratic Republic of the Congo, in 2011.  » Our village was not secured by the regular armed forces then I saw fit to defend it. I stayed two years with the maï-maï. Even if I wounded or killed nobody, I once fought and I was proud to defend my village. Thanks to our intervention, the FDLR (Front Démocratique de Libération du Rwanda) soldiers ran away. When the AJDC came to tell us that children’s recruitment was illegal, I preferred to leave. I do not regret having to leave the maï-maï. I am very happy as hairdresser « .